Pardon

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Le pardon

Une des principales convictions de la tradition biblique est la rémission des péchés : Dieu pardonne, il ne cesse de pardonner à son peuple. Pour les Chrétiens, c’est par le Christ que Dieu nous pardonne : « en lui nous avons le rachat, le pardon des péchés » (Col 1, 14.)Et pour profiter de ce pardon, nous sommes vigoureusement invités à pardonner nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés. Pourtant bien des Chrétiens avouent éprouver des difficultés à pardonner, et certains passent leur vie à ressasser le mal qu’ils ont subi. Dieu nous demanderait-il quelque chose d’impossible? Est-il vraiment nécessaire de pardonner ? Mais que peut signifier en général le pardon ? Et comment avons-nous à le vivre au quotidien ?

Le pardon est forcément lié au mal, et selon l’idée qu’on se fait du mal on pourrait ou non parler de pardon. Voyons d’abord une conception du mal très répandue : beaucoup le considèrent comme une substance, comme un « quelque chose » de négatif que l’on produit ou dont on se charge en faisant de mauvaises actions. On évalue la grandeur de ce «  quelque chose » en le rapportant à la souffrance infligée, ou au plaisir éprouvé en transgressant une loi. Pour se retrouver en règle, il n’y a pas d’autre solution que de compenser le négatif par du positif, et il peut y avoir toute une arithmétique dans laquelle on risque de s’empêtrer : en ai-je fait assez ? C’est assez normal, d’ailleurs, car la nature et notre psychologie fonctionnent ainsi. Mais on peut alors difficilement parler de pardon : il s’agit plutôt de mécanismes de compensation qui obéissent à des lois semblables à celles de la Physique et de la Biologie.

C’est d’ailleurs la logique de la vengeance, avec son cercle vicieux de violence, car on est rarement d’accord sur les équivalences. Dans ce domaine, la loi du Talion était fort sage.

Lorsque le mal est ainsi chosifié, il se traduit par la notion de souillure, d’impureté, dont on ne peut se débarrasser que par des techniques de purification.

Notons bien que dans cette perspective, Dieu lui-même, s’il existe, n’est pas libre de pardonner : il est soumis à la loi de compensation, et ne peut rien faire tant que le pécheur n’a pas « payé » sa dette. Mais comme lorsque Dieu est offensé, l’offense est infinie, il faut aussi un prix infini, que seules les souffrances infinies du fils de Dieu peuvent compenser. Mais comme on n’est jamais sûr que cela suffise, certains croient que Dieu leur demande de souffrir pour réparer les péchés des autres, et la vie chrétienne consiste alors à se priver de plaisir et à accumuler les souffrances pour tenter de satisfaire un Dieu insatiable. On oublie ainsi que la justice de Dieu ne consiste pas à peser mais à rendre juste (Rm 3). Mais nous avons tant de mal à le concevoir que cela s’imprime difficilement dans notre mémoire. On préfère en rester à la comptabilité et au donnant-donnant.

 

Si la tradition biblique parle de pardon, c’est que pour elle, le mal n’est pas un principe, un  « quelque chose », mais une rupture de relation : Dieu crée l’homme pour qu’il soit en relation avec lui et parvienne ainsi au bonheur. Et le péché, le mal, consistent dans l’altération de la relation : en désobéissant, l’homme se coupe de Dieu et du reste de la Création, il sème le désordre et creuse lui-même son malheur. C’est ce qu’avait fait, dit-on, certains anges avant lui. Mais le mal, aussi pesant soit-il, n’est pas une substance, il est désordre, mauvaise relation, éloignement de la vérité. Le mal est comme un tourbillon dans un courant : il n’a pas de réalité par lui-même car on ne peut l’isoler du flux. C’est un accident . Il perturbe l’harmonie de l’ensemble, il gêne le mouvement, il peut avoir une grande force d’attraction, mais il peut aussi disparaître sans laisser de trace.

          Il est très important d’affirmer que le mal est de l’ordre de la relation, car la relation dépend des personnes, et une relation brisée peut être rétablie par la seule volonté des deux protagonistes . Le pardon est alors rétablissement de la relation, il suppose que celui qui a rompu ne s’endurcisse pas dans son refus, et que l’autre accepte de renouer la relation, qu’il passe par dessus l’offense qui lui a été faite. Il y aura sans doute des séquelles, mais la volonté de communication s’est montrée plus forte que la volonté de rupture  : le pardon est toujours un signe de magnanimité . Ce n’est pas pour rien que la Bible et le Coran citent ensemble la puissance et la miséricorde de Dieu. J’ai dit que le pardon est rétablissement de la relation. C’est vrai dans l’idéal mais cela suppose que les deux personnes puissent se rencontrer et veuillent bien renouer. Mais l’offense n’altère pas seulement la relation entre l’offenseur et l’offensé, elle gêne aussi leur rapport au reste du monde. Le pardon accordé ou demandé a aussi une grande influence pour restaurer ces relations-là.

    Levons tout de suite une confusion fréquente : excuse et pardon. La civilité ordinaire ne fait pas de différence et elle recouvre tout par l’excuse. « Il n’y a pas de mal » : l’excuse minimise le tort, fait comme si rien ne s’était passé. Elle nie la responsabilité  «  je ne l’ai pas fait exprès »  , ou du moins cherche à l’atténuer. D’une manière ou d’une autre, elle refuse de voir le mal, elle le refoule en quelque sort . Ceux qui confondent ainsi pardon et excuse courent deux dangers : s’ils sont assez vigoureux et si l’offense est grande, ils ne peuvent en faire abstraction, et croient donc ne pas pouvoir pardonner parce qu’ils ne peuvent oublier : ils gardent rancune. Et s’ils se laissent persuader qu’il faut pardonner, ils se mentent à eux-mêmes en se disant qu’ils n’ont pas eu de mal. Et ça fait des ravages.

    Le pardon, au contraire, ne craint pas de voir le mal en face, aussi bien celui que j’ai commis que celui que j’ai subi. Je reconnais ma responsabilité ou la souffrance qu’on m’a infligée, mais j’en appelle à cette grandeur d’âme qui surpasse la faute. On a souvent du mal à demander pardon parce qu’on a du mal à reconnaitre ses torts : on se cherche des excuses, sans doute par peur de la colère de celui que l’on a offensé, mais aussi par orgueil. Aussi, pour pouvoir demander pardon, faut-il pouvoir croire que l’on est déjà plus ou moins pardonné : le pardon est toujours un don, une grâce que je puis solliciter, mais qui m’est accordée gratuitement. Même si je répare les torts commis, ma victime peut garder sa rancune et continuer à me considérer comme coupable . Elle n’y a certes aucun intérêt mais c’est son droit.

 

 

    Si nous voyons plus précisément ce qu’est le pardon, quelles raisons avons-nous de pardonner ou de demander pardon ? J’en vois deux sortes : des raisons psychologiques, et des raisons religieuses.

Les premières correspondent à la recherche de mon intérêt personnel, les autres sont une réponse à un amour. Mais les unes et les autres ne conduisent pas au même pardon: elles sont complémentaires.

    Sur le plan psychologique, si j’ai subi un tort, j’en reste affecté  : les blessures de l’âme guérissent plus difficilement que les blessures du corps, et le mal continue souvent à couver en dessous des cicatrices. Toutes les offenses subies et non-encore pardonnées, que je m’en souvienne ou pas, sont comme des animaux parasites qui consomment mon énergie psychique et même physique. Tant que je n’ai pas pardonné, la moindre chose peut me faire penser au mal qu’on m’a fait, et réactiver les sentiments douloureux ou vindicatifs qui s’y rattachent. Je ne puis alors penser à rien d’autre, et cela gêne mon activité : le tourbillon tourne toujours et entraîne tout ce qui se passe à sa portée. Je fais peut-être des efforts pour n’y pas penser, mais ces efforts sont coûteux. D’autre part, ces chocs psychiques se répercutent par des blocages corporels  : telle ou telle partie du corps se crispe, occasionnant des douleurs ou un mauvais fonctionnement. On a remarqué par exemple que bien des cancers se déclarent deux ans après un évènement douloureux . Et ne parlons pas des maladies de coeur. Tant que je n’ai par pardonné, je me fatigue à nourrir en moi des monstres qui prennent toute la places et qui finiront par me dévorer.  Si je veux vivre, j’ai tout intérêt à m’en débarrasser par le pardon. Le cas typique est celui où j’ai été offensé par une personne, et bien sûr, c’est plus facile si ce pardon m’est demandé. Mais je puis le faire même sans cette demande. C’est pour cela qu’on peut aussi pardonner à la société, au destin ou même à Dieu lorsqu’on s’en croit victime. Cela se fait en plusieurs étapes.

    -D’abord si ce n’est pas fait, faire cesser les offenses car on ne peut pardonner un mal à venir.  

    -Accepter ma colère et mon désir de vengeance, mais décider de ne pas me venger, car la vengeance n’est pas la réparation, mais un tort infligé dans l’espoir de se soulager.

    -regarder en face ma  blessure et ma souffrance, nommer ce que j’ai perdu, pour pouvoir en faire le deuil, et trouver quelque un à qui en parler.

    -comprendre celui qui m’a fait du tort, non pour l’excuser mais pour ne pas le réduire à ses mauvaises actions : le considérer comme un être humain .

    - trouver le cadeau enfoui dans l’offense, car tout évènement, même douloureux, peut apporter du bon. Décider aussi de ne pas continuer à m’exciter sur ce mal.

    - décider des relation que l’on veut avoir désormais avec l’offenseur, car il n’est pas forcément bon d’avoir des relations étroites avec lui, et lui dire- au moins se dire – qu’on lui pardonne. Car on ne peut déclarer le pardon qu’à quelqu’un qui l’a demandé

      Ce processus peut prendre du temps mais il est nécessaire si l’on veut retrouver la paix, si l’on veut pouvoir vivre au présent au lieu de rester fasciné par un passé douloureux. C’est de l’ordre de l’hygiène personnelle et même publique, de sorte que le pardon psychologique fait partie de nos devoirs de citoyens responsables. Vous pouvez voir que pour ce qui est du pardon à demander, une démarche analogue peut se concevoir, entre la prise de conscience du tort commis et la demande effective de pardon. Si on ne le fait pas, on a toutes les chances d’être bourrelé de remords, ou, si l’on a trop bien refoulé la faute, de mettre en oeuvre des conduites d’auto-punition comme des maladies ou des accidents. Ou encore de commettre d’autres fautes pour se faire punir et apaiser ainsi la culpabilité inconsciente.

 

      Le pardon que le Christ nous demande d’exercer sous peine d’exclusion n’a pas les mêmes ressorts. Ce n’est pas une histoire d’hygiène, mais de cohérence : « Dieu vous a pardonné, faites de même. » On pourrait traduire ainsi la demande du « Notre Père» : le pardon que nous donnons est le signe et la mesure du pardon que nous recevons de Dieu. Ce n’est pas une logique linéaire mais plutôt en boucle :

-Dieu me propose son pardon,

-je reconnais mon péché,

-j’accepte le pardon de Dieu

-je pardonne à mon tour,

-et Dieu me pardonne comme j’ai pardonné.

C’est l’inverse du tourbillon du mal : au lieu d’un cercle vicieux qui enferme, c’est un dynamisme qui élargit.

    L’initiative vient de Dieu, mais elle n’a d’efficacité que si je veux entrer dans cette dynamique, que si j’accueille l’Esprit de pardon et d’Amour. Le pardon que je donne correspond au salut que je reçois. Mais il y a un curieux paradoxe : plus je pardonne, moins j’ai besoin de pardonner, mais plus je demande pardon .

    Je m’explique. Tant qu’il demeure dans le péché, l’homme se trouve facilement offensé, il se vexe pour un rien. Comme il s’identifie à ce qu’il possède ou au regard que les autres posent sur lui, il est très atteint dès qu’on lui prend quelque chose ou qu’il ne reçoit pas les hommages qu’il attend Il a du mal à reconnaître le mal qu’il a fait, mais il est très sensible à celui qui l’atteint : ses revendications, son caractère vindicatif et sa rancune manifestent son immaturité, son manque d’amour ( d’amour reçu comme d’amour donné ) .

    L’homme de foi, au contraire, a son trésor dans les cieux : il se sait aimé de Dieu, il cherche à répondre à cet amour, et tout le reste est relativisé. Même s’il perd sa fortune, sa santé ou ses amis, il n’est pas anéanti : il est entré dans le mouvement de résurrection du Christ, et il ne craint plus la mort. Certes, il est encore sensible au plaisir et à la souffrance, aux injures et à la reconnaissance. Il peut éprouver la peur ou le découragement, mais comme le chevalier Bayard, il peut se dire : « tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien plus si tu savais où je te mène », car une part de lui-même échappe au tourbillon de la peur.

    Conscient de son propre péché et de l’amour qui lui est prodigué, il est beaucoup moins atteint par les offenses. Si le pécheur, profondément insécurisé, protège sa nudité en se hérissant comme un porc-épic, l’homme qui consent au pardon de Dieu est en quelque sorte cuirassé d’amour, comme ces martyrs auxquels les fauves ne voulaient pas toucher. Fort de l’amour de Dieu, il ne dramatise plus ni son péché ni le tort qu’on lui a fait. Le mal glisse sur lui, même s’il atteint son corps. Nous le voyons en la personne de Jésus qui, malgré les souffrances de la croix, prie pour ses bourreaux: « Père, pardonne-leur, ils ne savent  ce qu’ils font » et prend soin de confier l’un à l’autre sa mère et son disciple bien-aimé

      Décentré de lui-même, l‘homme qui accepte le salut de Dieu voit moins l‘offense qui lui est faite que la misère de celui qui lui fait du mal: il peut alors aimer ses ennemis et prier pour ceux qui le persécutent .

    Le pardon dont parle l’Évangile est spirituel : il est don de Dieu, il est grâce. Il permet de participer à la justice de Dieu, justice paradoxale puisqu’elle rend juste au lieu de punir. Il ne fait pas double emploi avec le pardon psychologique, mais il le suppose d’une certaine manière et le complète .

    Même si je ne suis qu’un chrétien bien médiocre, qui se vexe et qui garde rancune, je sais que Dieu m’aime et ne demande qu’à me pardonner : le Christ a donné sa vie pour moi, comme d’ailleurs pour ceux qui me font du mal. Si je réfléchis un peu, je comprends que je n’ai pas de raison de ne pas pardonner, et je puis demander au Seigneur la force de le faire. Il sera peut-être nécessaire que je dise à Dieu tout le mal qu’on m’a fait, tout mon désir de vengeance, toutes mes résistances à pardonner, mais aussi que j’accueille l’invitation à me convertir, à passer par dessus les offenses.

    « Celui qui fait la vérité vient à la lumière. » Pour pouvoir pardonner ou être pardonné, il est nécessaire de laisser venir à la lumière ce que nous préférons laisser dans l’ombre, c’est-à-dire notre péché ou notre souffrance. Et le premier péché c’est la perte de confiance en Die . Une trop grande souffrance peut l’occasionner mais le dogme du péché originel nous dit que cette confiance n’est  plus spontanée en l’homme. Elle est à rétablir, en particulier en faisant la lumière sur ce qui nous en détourne, c’est-à-dire le mal que nous avons fait et celui que nous avons subi . Mais aussi en nous laissant illuminer par la lumière du Christ . 2 Co5, 14-21

 

    Pratiquement, dans l’Église, nous avons le sacrement du pardon, c’est-à-dire le baptême. C’est lui qui permet à l’homme pécheur d’accueillir consciemment le pardon offert par le Christ, c’est de lui qu’il s’agit quand l’Évangile parle du pardon des péchés. Mais on s’est vite rendu compte que même les chrétiens pèchent : on a institué le sacrement de pénitence pour pouvoir réintégrer les fidèles qui s’étaient séparés de la communauté par une faute grave. Ils devaient passer une longue période de dure pénitence pendant laquelle ils ne participaient pas à l’Eucharistie, et parfois l’évêque ne les réconciliait qu’à l’article de la mort, car on ne réitérait pas ce sacrement qui était comme une second baptême . Au cours du Haut Moyen-âge, cette discipline n’était plus applicable. Aussi à partir de l’Irlande, on a pratiqué la pénitence tarifiée : les moines avaient l’habitude de dire à leur « ancien » tout ce qui se passait en eux, et donc aussi leurs péchés. A l’aveu de ses péchés à un prêtre, et non plus seulement à l’évêque, le pénitent recevait une pénitence calculée à partir d’un tarif consigné dans un pénitentiel et il n’était réintégré qu’après avoir fait tel pèlerinage, ou tant de jours -voire d’années- de jeûne ou versé tant aumônes. Parfois même on accordait le pardon sitôt l’aveu des péchés, avant l’accomplissement de la pénitence. Cette nouveauté fut jugée comme impie quand elle arriva sur le continent, parce qu’en réitérant le pardon aussi souvent que nécessaire, on risquait de relâcher les moeurs. Quatre-vingts ans plus tard, cette manière de faire était considérée comme normale. Ainsi s’est constitué le sacrement de réconciliation tel que nous le connaissons, et le Concile de Latran (1215) a ordonné que chaque fidèle confesse à son curé tous ses péchés une fois l’an. Cette manière de faire combine la pénitence solennelle et l’aveu des péchés que l’on faisait aussi  bien à un compagnon .

        Malgré les variations, ce qui reste constant, c’est la nécessité de l’aveu . Beaucoup de gens ne veulent plus dire leurs péchés à un prêtre mais vont voir un psy ou téléphonent à SOS Amitié. Il ne peut guère y avoir de pardon sans parole : pardon demandé ou pardon accordé. Mais il serait illusoire de croire qu’on peut tout dire n’importe quand : il faut parfois attendre longtemps pour pouvoir avouer certaines choses, il faut avoir suffisamment mûri. L’habitude de la confession peut cependant y aider : elle nous familiarise avec le pardon que nous demandons à Dieu, que nous recevons par la voix du prêtre, et nous entraîne ainsi à pardonner nous-mêmes . D’ailleurs, si elle n’a pas cet effet, elle se montre inopérante, car le Seigneur lui-même nous prévient bien qu’il ne peut nous pardonner si nous ne pardonnons pas, nous communiquer sa vie si nous accordons plus de poids à la mort, nous faire partager sa gloire si nous ne montrons pas la magnanimité qui convient à des enfants de Dieu sauvés du péché .

Note : Nous n’avons pas abordé la question de l’estime. Certaines personnes peuvent croire n’avoir pas pardonné parce qu’elles n’ont plus pour leur offenseur les mêmes sentiments qu’avant. Elles peuvent avoir très bien pardonné, si elles ne tiennent plus rigueur de la faute, mais ce n’est pas pour autant que l’estime qu’elles avaient pour leur offenseur est automatiquement restaurée. L’estime est en effet cette appréciation que l’on fait de la qualité des personnes d’après leurs actes : l’estime se mérite et tel acte bon la fait croître, alors que tel autre, mauvais, la diminue. Si l’on a été déçu par une personne, notre estime pour elle en est affectée, que nous ayons été touché par son acte ou non. Si elle se repent, et si toute son attitude montre qu’elle ne se reconnaît plus dans l’acte pausé, cette estime peut renaître et avec elle de meilleurs sentiments.

Notons aussi que plus on a conscience de son propre péché, plus on peut montrer d’indulgence pour autrui.

 

 

 

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