Des hommes et des dieux.

p { margin-bottom: 0.21cm; }

Le film « des hommes et des dieux » a été récemment projeté à Casteljaloux, comme dans la plupart des villes de France. L’équipe du CCFD a proposé une rencontre à ceux qui l’avaient vu, afin de pouvoir échanger sur cette oeuvre qui ne laisse pas indifférent. Une vingtaine de personnes se sont ainsi retrouvées à la Maison Paroissiale.

De quoi s’agit-il au juste ? Une pauvre communauté de sept moines vit au fond de l’Algérie, en bons termes avec la population locale, alors que le climat politique devient détestable. Des bandes armées font régner la terreur en égorgeant les étrangers et ceux qui s’opposent à eux. L’armée et les autorités gouvernementales préviennent les moines du danger qu’ils courent, et les incitent vivement à partir. Que faire ? Le prieur décide dans un premier temps qu’il faut rester, mais ses six compagnons ne sont pas tous du même avis et lui font remarquer qu’il ne peut décider à leur place, surtout quand il s’agit d’une question de vie ou de mort.

Au delà des événements de plus en plus tragiques, à travers les discussions où chacun s’exprime en vérité, nous assistons à l’évolution de la communauté et de chacun de ses membres. La peur est présente, mais peu à peu se fait jour la conscience que c’est en restant là, avec les villageois qui comptent sur eux, qu’ils seront fidèles à leur mission. Ils continuent leur vie monastique, rythmée par les offices et les divers travaux, leur fraternité semble se manifester de manière plus sensible, et la paix se lit progressivement sur leurs visages. Ils sont finalement pris en otages. La dernière image montre un paysage de neige où disparaît une colonne d’hommes qui marchent. Un carton annonce ensuite que les moines ont été tués.

C’est une leçon de choses de liberté chrétienne. Cette histoire nous montre que dans une situation humainement désespérée, quand tout pousse à la peur et à la haine, il n’est pas fatal de se laisser entraîner dans le tourbillon. Il y a une issue, mais « par le haut ». Il ne s’agit pas de nier la peur de la mort et de la souffrance, mais d’une certaine façon de passer par dessus pour retrouver la fidélité profonde à ce qui fait notre vie. C’est ce qui permet de résister à la contagion de la violence. Ainsi les moines retrouvent la paix quand ils reprennent conscience qu’ils ont déjà donné leur vie pour suivre le Christ, et que c’est cela qui compte. En fuyant, ils se laisseraient dicter leur conduite par leurs ennemis. En restant, ils montrent leur liberté intérieure : comme pour tous les martyrs, on peut contraindre leurs corps mais pas leurs âmes.

C’est cette liberté que ne peuvent comprendre ceux qui refusent le Christ, et que même dans l’Église beaucoup ignorent. C’est même elle qui suscite la haine contre ceux qui la vivent, et qui en fait des martyrs. Les persécutions que subissent nos frères dans de nombreux pays en sont l’illustration. Plaise au Ciel que nous n’ayons pas à en arriver là pour le comprendre et que nous sachions vivre cette liberté dans un climat paisible.

Laisser un commentaire