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Archive pour novembre 2010

Des hommes et des dieux.

Mercredi 17 novembre 2010

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Le film « des hommes et des dieux » a été récemment projeté à Casteljaloux, comme dans la plupart des villes de France. L’équipe du CCFD a proposé une rencontre à ceux qui l’avaient vu, afin de pouvoir échanger sur cette oeuvre qui ne laisse pas indifférent. Une vingtaine de personnes se sont ainsi retrouvées à la Maison Paroissiale.

De quoi s’agit-il au juste ? Une pauvre communauté de sept moines vit au fond de l’Algérie, en bons termes avec la population locale, alors que le climat politique devient détestable. Des bandes armées font régner la terreur en égorgeant les étrangers et ceux qui s’opposent à eux. L’armée et les autorités gouvernementales préviennent les moines du danger qu’ils courent, et les incitent vivement à partir. Que faire ? Le prieur décide dans un premier temps qu’il faut rester, mais ses six compagnons ne sont pas tous du même avis et lui font remarquer qu’il ne peut décider à leur place, surtout quand il s’agit d’une question de vie ou de mort.

Au delà des événements de plus en plus tragiques, à travers les discussions où chacun s’exprime en vérité, nous assistons à l’évolution de la communauté et de chacun de ses membres. La peur est présente, mais peu à peu se fait jour la conscience que c’est en restant là, avec les villageois qui comptent sur eux, qu’ils seront fidèles à leur mission. Ils continuent leur vie monastique, rythmée par les offices et les divers travaux, leur fraternité semble se manifester de manière plus sensible, et la paix se lit progressivement sur leurs visages. Ils sont finalement pris en otages. La dernière image montre un paysage de neige où disparaît une colonne d’hommes qui marchent. Un carton annonce ensuite que les moines ont été tués.

C’est une leçon de choses de liberté chrétienne. Cette histoire nous montre que dans une situation humainement désespérée, quand tout pousse à la peur et à la haine, il n’est pas fatal de se laisser entraîner dans le tourbillon. Il y a une issue, mais « par le haut ». Il ne s’agit pas de nier la peur de la mort et de la souffrance, mais d’une certaine façon de passer par dessus pour retrouver la fidélité profonde à ce qui fait notre vie. C’est ce qui permet de résister à la contagion de la violence. Ainsi les moines retrouvent la paix quand ils reprennent conscience qu’ils ont déjà donné leur vie pour suivre le Christ, et que c’est cela qui compte. En fuyant, ils se laisseraient dicter leur conduite par leurs ennemis. En restant, ils montrent leur liberté intérieure : comme pour tous les martyrs, on peut contraindre leurs corps mais pas leurs âmes.

C’est cette liberté que ne peuvent comprendre ceux qui refusent le Christ, et que même dans l’Église beaucoup ignorent. C’est même elle qui suscite la haine contre ceux qui la vivent, et qui en fait des martyrs. Les persécutions que subissent nos frères dans de nombreux pays en sont l’illustration. Plaise au Ciel que nous n’ayons pas à en arriver là pour le comprendre et que nous sachions vivre cette liberté dans un climat paisible.

Mercredi 17 novembre 2010

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Pêche miraculeuse

L’Evangile nous présente deux récits de pêche miraculeuse : en saint Luc, au début de la prédication de Jésus, en saint Jean, après la Résurrection. Dans les deux cas il s’agit de la barque de Pierre, et c’est sur la parole de Jésus qu’on a jeté les filets, bien qu’on ait été bredouille toute le nuit. La prise est si importante qu’on ne peut la tirer dans la barque, et cette abondance extraordinaire fait reconnaître Jésus comme Seigneur. Il y a cependant des différences : dans le premier récit, Simon, conscient de son état de pécheur prie Jésus de s’éloigner; dans le second, après que Jean lui a révélé que c’était Jésus qui était sur le rivage, Pierre se rhabille avant de se jeter à l’eau pour le rejoindre. Pour ce qui est du filet, dans le premier il se rompt, alors que dans le second il ne se rompt pas.

Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ?

Chez saint Luc, le filet se rompt lorsqu’on essaye de remonter la prise dans la barque de Pierre. Il faut alors appeler l’autre barque pour qu’on puisse la répartir dans les deux. Mais ce n’est pas sans danger, car elles enfoncent.

Chez saint Jean, on voit vite que le filet est tellement plein qu’il n’est pas possible de le remonter : on le remorque jusqu’au rivage, et on peut, sur l’ordre de Jésus, le tirer à terre sans qu’il se déchire.

 

Traditionnellement, cette pêche miraculeuse est interprétée comme le résultat de la prédication apostolique : « désormais ce sont des homme que tu prendras ». Comme les poissons sont tirés de la mer, repaire des puissances du mal, de même les hommes sont tirés de l’abîme du péché pour entrer dans le Royaume de Dieu. Mais attention ! Si la barque de Pierre représente l’Eglise visible, on ne peut y faire contenir tous les sauvés ! L’Eglise n’est pas le Royaume. L’institution a un rôle irremplaçable, mais n’est pas la réalité ultime. A vouloir y faire entrer tout le monde, on déchire les filets et il faut une seconde barque pour ne pas tout perdre. Et encore on risque le naufrage tant les barques sont chargées, alors que si l’on se contente de remorquer le filet jusqu’au rivage, on peut présenter au Seigneur les 153 gros poissons.