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Archive pour septembre 2010

Crainte de Dieu ou peur de l’ennemi?

Vendredi 17 septembre 2010

 

Crainte de Dieu ou peur de l’ennemi ?

 

 

La crainte de Dieu est considérée par la Tradition comme une excellente chose, comme la sagesse véritable. Mais bien souvent les gens n’en comprennent pas le sens et croient qu’on veut les inciter à avoir peur.

Si Dieu est le Bien, la Vérité suprême, si Dieu est Amour qui se propose, la crainte de Dieu n’est pas la peur d’un châtiment ou d’une sanction, mais l’inquiétude de manquer ce Bien qui nous est proposé et qui ne nous apparaît pas toujours de manière évidente. Elle ne s’adresse pas à un danger qui viendrait de l’extérieur, mais elle concerne notre propre attitude : Est-ce que je fais ce qui est bon, ce qui est juste, ou est-ce que je me laisse entraîner sur des mauvais chemins ? Pour nous aider dans ce discernement vital, nous avons l’Ecriture et la Tradition de l’Eglise, mais aussi notre raison et notre conscience, qui peuvent être éclairées par l’Esprit Saint. Bref, la crainte de Dieu est synonyme de recherche de justice et de vérité, elle stimule notre intelligence et notre inventivité.

Si la crainte de Dieu est bonne conseillère, il n’en est pas toujours de même de la peur. La peur du gendarme peut inciter à davantage de prudence sur la route, mais la panique devant un danger imminent paralyse ou amène à des réactions inappropriées, dont les conséquences peuvent être fatales. Pour éviter un écueil on se jette sur un autre : c’est ce que l’on appelle tomber de Charybde en Sylla.

Les informations des dernières semaines illustrent ces propos. Nos pays ont vécu à crédit pendant de nombreuses années, on en perçoit enfin les dangers. La peur de l’effondrement de l’euro affole nos gouvernants qui changent subitement de langage et se mettent à prêcher les économies après avoir dépensé sans compter. Une telle précipitation caractérise la peur, sinon la panique, et on peut tout en craindre. En effet, au lieu d’une réflexion posée qui recherche les solutions les plus justes et raisonnables, il semble qu’on cherche surtout à « rassurer les marchés financiers », comme on avait auparavant cherché à plaire aux électeurs.

Faute d’un souci de faire ce qui est bien, qui correspondrait à la crainte de Dieu, on en vient à trembler devant ceux qui peuvent nous nuire. Et si chacun n’a pour règle de conduite que la recherche de son intérêt particulier, il se montre bien un ennemi, au moins potentiel, de tout autre. Il est fort louable d’avoir un souci d’éthique dans les domaines qui touchent le commencement et la fin de la vie, mais le domaine de la politique et de l’économie pourrait aussi bénéficier d’une recherche de cet ordre. C’est bien ce que propose l’Eglise avec sa doctrine sociale. Sa prise en compte permettrait une conduite plus sereine des affaires, la folle peur de l’ennemi faisant place à la crainte de Dieu, source et sommet de la sagesse.