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Archive pour février 2009

Quelle richesse?

Jeudi 19 février 2009

Avec les gens d’un certain âge, quand on évoque la pauvreté qu’ils ont vécue dans le passé, il n’est pas rare qu’après le récit des difficultés arrive la réflexion : « Et pourtant on était heureux ! » Cela peut nous éclairer sur la fameuse crise actuelle.

En effet, les savants économistes qui analysent la situation financière se penchent sur les systèmes pour en voir les dysfonctionnements, mais ils oublient le plus souvent le plus important : l’homme et ses passions.

Toutes les sagesses traditionnelles, dans leur recherche d’une vie heureuse, invitaient l’homme à ne pas se laisser entraîner par ses appétits immodérés. Elles recherchaient un certain équilibre entre les désirs et les moyens raisonnables de les satisfaire.

Le système moderne au contraire s’appuie sur la cupidité des gens et sur leur envie d’avoir toujours plus : le consommateur de base est ainsi sollicité par la publicité et les financiers se grisent de profits astronomiques. C’est une fuite en avant, comme une drogue dont il faut des doses de plus en plus importantes pour procurer la même jouissance. En effet, alors que les appétits de nourriture ou de plaisir corporel s’apaisent momentanément quand ils ont obtenu ce qu’ils désiraient, le besoin de richesses est insatiable, et plus on en a, plus on en veut : au lieu de rassasier, la consommation aiguise l’appétit, mais laisse l’homme sur sa faim.

L’envie, proche parente de la jalousie, est comme elle un monstre dévorant. Elle est en chaque homme, comme un animal sauvage. On peut la laisser se développer librement, ou même la favoriser, et elle dévore tout, non seulement l’individu, mais même le monde entier.

On peut aussi la tenir en respect, la mettre sous le joug de la raison, pour que son énergie serve à acquérir les richesses spirituelles. Elle se change alors en noble ambition qui incite l’homme à devenir plus humain. Ce n’est jamais terminé, mais plus on progresse sur cette voie, plus on peut apprécier les joies simples de la vie.

On pourra légiférer tant qu’on voudra, multiplier règles et contrôles comme on sait si bien le faire jusqu’à rendre la vie impossible, si l’envie et la cupidité restent à la base du système, rien de bon n’en sortira.

Si, au contraire les valeurs humaines retrouvent droit de cité, même des systèmes imparfaits pourront être viables. C’est peut-être ce qui explique la nostalgie des anciens : même s’ils étaient pauvres et si la vie était dure, on leur enseignait tant à l’école, à l’église qu’en famille que ces valeurs constituent la vraie richesse et qu’elles sont accessibles à tous.

Est-il trop tard pour le redécouvrir ?