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Archive pour novembre 2008

Crèche et crise

Lundi 10 novembre 2008

Les crèches que nous allons voir en ces temps de Noël nous donnent une image inversée de notre société et de la mentalité qui la mène à la ruine. Elles nous montrent en effet une pauvre famille dont l’enfant vient au monde dans une étable, que des pauvres bergers viennent visiter avec d’humbles présents. Simplicité, générosité, partage.

            La crise dont on parle depuis quelques mois vient de ce que l’on cultive exactement le contraire : folie des grandeurs, cupidité, égoïsme. Il faut être bien naïf pour croire que si chacun ne cherche que son propre intérêt tout l’ensemble pourra vivre harmonieusement, et bien irresponsable pour encourager consommation et gaspillage en poussant les gens à vivre à crédit. Il faut même être bien cruel ou bien ignorant pour chercher à faire croire que le bonheur se trouve dans les biens matériels.

            Certes la soif de plaisirs et de possession est bien enracinée au cœur de l’homme de tous les temps, mais de tout temps aussi les sages ont compris que ce n’était pas le chemin du bonheur. A l’opposé, le monde actuel présente comme idéal ce qui était considéré comme une faiblesse et refuse toute limitation à l’autonomie de l’individu. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que des peuples dont la tradition est de se soumettre à une loi divine conçoivent pour notre occident une haine mêlée de mépris et d’envie.

            Ce ne sont pas les sentiments que la fête de Noël cherche à développer en nous. Mais la crèche nous redit : Attention, l’essentiel n’est pas dans ce qui brille et fait du bruit ! Le Fils de Dieu se fait l’un de nous, et il naît dans la pauvreté. La vraie richesse ne se mesure pas au pouvoir d’achat, mais à notre capacité d’aimer, à notre consentement à l’amour de Dieu pour nous. A Noël, sous les traits de l’enfant Jésus, c’est cet amour qui s’offre à nous, qui nous invite.

 Que les conditions économiques difficiles qui s’annoncent soient l’occasion pour tous d’entendre ce message, et, pour ceux qui en auront les moyens, de partager davantage avec les démunis. La décroissance économique peut être une chance si elle devient l’occasion d’une croissance spirituelle. A nous de monter que c’est possible et de changer en bénédiction ce que d’autres considèrent comme une catastrophe.